Santé

[ Septembre 2009 ]
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Le saviez-vous?

. . . Sept pour cent des patients admis dans des hôpitaux canadiens pour des soins de courte durée (soit environ 158 000 Canadiens par année) connaîtront un accident médical. Près de 60 000 de ces accidents pourraient être prévenus. Quelque 150 patients meurent chaque année dans des circonstances médicales malencontreuses.

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Santé : mise en contexte

Qu’est-ce qu’une bonne santé? Selon l’Organisation mondiale de la Santé, une bonne santé est « non seulement l’absence de maladies ou d’infirmités, mais un état complet de bien-être physique, mental et social »1. Cette large définition s’harmonise bien avec l’objectif général du Conference Board dans son bilan comparatif des performances du Canada — mesurer la qualité de vie au Canada et dans les pays semblables. La plupart des Canadiens conviendraient que, sans une bonne santé, leur qualité de vie serait gravement compromise.

Quoi de neuf?

Un autre bulletin de note a été ajouté à ce site Web cette année : la mortalité causée par des accidents médicaux (Mortality due to medical misadventures). C’est en effet un indicateur de la sécurité des patients, un élément important de la qualité des soins de santé. Depuis une dizaine d’années, un nombre grandissant de rapports signalent que les accidents survenant au cours d’une opération ou d’un traitement sont chose courante dans le monde entier, et le Canada ne fait pas exception à la règle. Ces accidents peuvent être tragiques pour les personnes concernées et coûteux pour la société en raison des conséquences qu’ils peuvent entraîner : incapacité, décès ou hospitalisation prolongée. Ce site Web consacre aussi cette année un volet spécial à la grippe H1N1 dans sa section sur les taux de mortalité associés aux maladies respiratoires (mortality rates due to respiratory diseases). Le virus H1N1, responsable de la première pandémie de grippe depuis 41 ans, a frappé fort au Canada. Selon l’Organisation mondiale de la Santé, le Canada a enregistré le troisième plus grand nombre de cas confirmés de grippes H1N1 dans le monde, après les États-Unis et le Mexique.

Quelle note le Canada obtient-il dans le domaine de la santé?

Une fois encore, le Canada obtient la note « B » au chapitre de la santé, ce qui le porte au 10e rang parmi les 16 pays comparés. Cette note s’applique à l’état de santé général de la population canadienne. Les facteurs socio-économiques comme l’éducation, le revenu, le logement, les réseaux de soutien social, la culture et les pratiques de santé personnelles comptent, selon les estimations, pour 50 p. 100 de l’état de santé d’une personne, alors que les services de soins de santé comptent pour 25 p. 1002. Par conséquent, pour améliorer l’état de santé des Canadiens, il faut améliorer leurs conditions sociales et économiques, apprendre à la population à réduire les risques de maladies chroniques (p. ex. en limitant la consommation de tabac et d’alcool, et en étant actif physiquement), et renforcer la qualité et le caractère sécuritaire des soins de santé.

Comment le Canada soutient-il la comparaison avec les États-Unis?

Bilan — SantéLe système de santé du Canada a beaucoup alimenté le débat sur la réforme de la santé aux États-Unis. Mais comment le Canada soutient-il la comparaison avec son voisin pour ce qui est des résultats en matière de santé? En fait, très bien! Dans l’ensemble, le Canada obtient une note de « B », qui le place au 10e rang, alors que les États-Unis arrivent derniers au classement avec une note globale de « D » et quatre notes de « D » dans les 11 bulletins qui évaluent les différents aspects de la catégorie de la santé. Le Canada obtient même des résultats supérieurs aux résultats américains dans tous ces bulletins sauf un. Au chapitre de l’espérance de vie (life expectancy), largement reconnu comme un indicateur général de la santé dans un pays, le Canada se classe 6e et obtient un « B », alors que les États-Unis sont à la queue. Les États-Unis arrivent aussi derniers pour la mortalité prématurée (premature mortality) et la mortalité infantile (infant mortality).

Ce n’est qu’au chapitre de la mortalité associée au cancer (mortality rate due to cancer) que le bilan de santé des États-Unis dépasse celui du Canada. Si les deux pays obtiennent un « B » pour cet indicateur, le taux de mortalité américain, soit 157 décès pour 100 000 habitants, est moindre que celui enregistré au Canada (166 décès pour 100 000 habitants) et vaut un 8e rang aux États-Unis à cet égard. Les taux de mortalité associés aux cancers du colon, du sein et de la prostate sont plus élevés au Canada qu’aux États-Unis. En revanche, ceux associés aux cancers du col utérin et du poumon sont inférieurs au Canada.

Ces conclusions n’ont rien d’étonnant. Malgré des dépenses dans les soins de santé plus importantes que dans n’importe quel autre pays de l’OCDE (plus de 15 p. 100 du PIB3), les États-Unis ne tirent pas de bons résultats de cet investissement. Une incapacité à offrir les bons soins au bon moment en est la principale raison. Davantage d’Américains n’ont pas d’assurance-maladie par rapport à 2007 : 46,3 millions contre 45,7 millions4. Ces personnes ont un accès limité, voire inexistant, à des services de soins de santé primaires appropriés, pourtant essentiels à l’éducation, à la prévention, au dépistage et à la promotion de la santé. Les Américains non assurés ont davantage tendance à sauter ou à retarder leur traitement, à recevoir leur diagnostic tard, à entrer à l’hôpital pour un problème de santé évitable et à souffrir d’un stress si élevé qu’il se répercute sur leur bien-être et celui de leur famille5. Bien que les États-Unis aient rapidement adopté les méthodes et les technologies à la fine pointe de la médecine, de graves inégalités sont constatées dans la population sur le plan de la santé.

Des facteurs liés au style de vie, comme le tabagisme, la consommation d’alcool, l’inactivité physique et de mauvaises habitudes alimentaires, sont à l’origine de la prévalence élevée des maladies chroniques dans les pays développés, plus particulièrement aux États-Unis et au Canada. Plus de 67 p. 100 des Américains et de 47 p. 100 des Canadiens font de l’embonpoint ou sont obèses, présentant un indice de masse corporelle (IMC) de 25 ou plus. Les deux pays affichent des taux de mortalité élevés associés au diabète (mortality rates due to diabetes), et la plupart des diabètes diagnostiqués sont de type 2 — une maladie qui apparaît chez l’adulte en raison d’une mauvaise alimentation et d’une activité physique insuffisante.

Le seul aspect où le bilan de santé comparatif du Canada et des États-Unis se solde par un « A » est celui de l’état de santé (self-reported health status), où les deux pays arrivent respectivement aux premier et deuxième rangs.


Les Canadiens sont-ils en meilleure santé qu’avant?

Bilan — SantéLes notes « B » obtenues sur cinq décennies peuvent inciter les Canadiens à penser qu’aucun progrès réel n’a été accompli en matière de santé. Pourtant, de nombreux indicateurs montrent que le Canada s’est amélioré dans ce domaine. Le nombre de décès résultant de la plupart des maladies comparées dans le présent bilan a diminué. Cependant, les pays du groupe de comparaison ont aussi fait des progrès; de sorte que, relativement aux autres pays, le rendement du Canada n’est pas meilleur qu’avant. Dans les faits, le taux de mortalité du Canada s’est même accru dans deux catégories de maladies — le diabète et les maladies mentales.

Quels pays sont en tête du classement?

Le Japon domine encore une fois le classement. Il s’était hissé de la note « C », en 1960, à un « A » qu’il a su maintenir depuis les années 1970. Il est accompagné de la Suisse, de l’Italie et de la Norvège dans la catégorie « A » cette année. La Finlande fait mieux que le Canada cette année grâce à des taux de mortalité plus faibles pour six des neuf taux de mortalité couverts dans le bilan de santé.

La plupart des pays en tête du peloton ont atteint de meilleurs résultats sur le plan de la santé en agissant sur des déterminants plus généraux de la santé, comme des programmes de gérance de l’environnement et de promotion de la santé centrés sur la modification des habitudes de vie, y compris l’abandon de la cigarette, une activité physique accrue, un régime alimentaire plus sain et un comportement plus sûr sur la route. Par ailleurs, ces pays misent sur d’autres déterminants de la santé — comme l’éducation, le développement de la petite enfance, le revenu et le statut social — pour améliorer leurs résultats en matière de santé.

Comment faire passer le Canada aux premiers rangs au chapitre de la santé?

D’ici 2030, la proportion de Canadiens âgés de plus de 65 ans sera le double de ce qu’elle était en 1990. À moins de changements dans les attitudes et les comportements, le Canada sera confronté au fardeau croissant des maladies chroniques, tels le diabète et le cancer. Les coûts liés aux soins de santé augmentent d’ores et déjà; les soins aux patients souffrant de maladies chroniques constituent une part toujours plus importante des dépenses totales en santé; et nous ne faisons aucun progrès significatif en matière de prévention.

Le Canada n’a pas d’autre choix que d’adopter un nouveau modèle de soins de santé, qui fait valoir l’importance de pratiques exemplaires dans la prestation de soins primaires et d’une approche axée sur la santé de la population — surtout pour la prévention et la gestion des maladies chroniques —, en plus de reconnaître et de récompenser les progrès marqués. Les objectifs que se sont fixés les gouvernements dans la Stratégie pancanadienne intégrée en matière de modes de vie sains forment la pierre angulaire d’une approche centrée sur la prévention. L’obtention d’un bilan comparatif qui mesure les progrès du Canada par rapport à ces objectifs est essentielle pour assurer la durabilité du système de soins de santé.

Le recours à des technologies de l’information novatrices dans le secteur de la santé peut accroître le sentiment de sécurité des patients et améliorer les soins de santé. Ces technologies facilitent non seulement la prévention et la gestion des maladies, mais aident aussi à faire des économies, qu’on estime à environ 77 milliards de dollars aux États-Unis6. Les dossiers médicaux électroniques, les systèmes d’aide à la décision et un système informatisé pour l’entrée des ordonnances médicales comptent parmi les outils électroniques qui permettront au Canada de moderniser son système de soins de santé et d’en faire un des meilleurs. Il faut cependant un meilleur accueil des technologies et des méthodes de prestation novatrices — outre des environnements et des politiques propices à leur intégration rapide — pour la conception et l’évaluation d’approches nouvelles à l’égard du bien-être ainsi que de la prévention et de la gestion des maladies.

Notes

1 World Health Organization, Constitution of the World Health Organization, [en ligne, texte cité le 18 aôut, 2008].

2 Standing Senate Committee on Social Affairs, Science and Technology, A Healthy, Productive Canada: A Determinant of Health Approach, Final Report of the Senate Subcommittee on Population Health (juin 2009).

3 Karen Davis et coll., « Slowing the Growth of U.S. Health Care Expenditures: What Are the Options? », The Commonwealth Fund, vol. 47, le 29 janvier 2007 [en ligne, texte cité le 12 septembre 2009].

4 The Commonwealth Fund, Statement from Karen Davis: New Census Data on Uninsured Americans, le 10 septembre 2009 [en ligne, texte consulté le 12 septembre 2009].

5 Jonathon Oberlander, « The US Health Care System: On a Road to Nowhere? », Journal de l’Association médicale canadienne, le 23 juillet 2002 [en ligne, consulté le 22 septembre 2009].

6 RAND Corporation, Health Information Technology: Can HIT Lower Costs and Improve Quality? [en ligne, consulté le 12 septembre 2009].