Société

[ Septembre 2009 ]
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Le saviez-vous?

. . . Les taux d’inégalité et de pauvreté ont tous deux augmenté entre 1995 et 2005, à l’inverse des tendances antérieures.

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Société : mise en contexte

Pour atteindre l’objectif fixé par le Conference Board pour le Canada — celui de créer « une qualité de vie supérieure et durable pour tous les Canadiens » —, il faut beaucoup plus que la réussite économique. Dans ce bilan, la note accordée à la société est évaluée selon trois dimensions : l’autosuffisance, l’équité et la cohésion sociale. Les membres d’une société ont une qualité de vie supérieure lorsque leur collectivité permet à tous, y compris les citoyens les plus vulnérables (comme les jeunes et les personnes handicapées), d’y participer activement, réduit l’écart entre les riches et les pauvres et n’est pas minée par la peur de troubles sociaux ou d’incidents violents.

Quels sont les résultats du Canada en termes de rendement social?

Society Ranked by DecadeDans l’ensemble, le Canada reçoit un « B » et se classe 9e parmi les 17 pays comparés dans cette catégorie de rendement. Ses résultats inférieurs à ceux des pays nordiques n’ont rien d’étonnant, car ces pays surclassent le Canada depuis longtemps. Par contre, notre pays se situe maintenant derrière les Pays-Bas, l’Autriche, la Suisse et la Belgique. Ce classement moyen signifie que le rendement du Canada n’est pas à la hauteur de sa réputation ou de son potentiel.

Dans la catégorie Société, le Canada a toujours, depuis les années 1990 et 2000, remporté une note globale de « B » qui le situe dans le milieu du peloton. Il n’a pas réussi à combler l’écart qui le sépare des pays les plus performants. Quatre pays ont obtenu des « A » pendant les vingt dernières années : le Danemark, la Norvège, les Pays-Bas et la Suède.

Quels sont les principaux défis sociaux que le Canada doit relever?

L’augmentation des taux de pauvreté ces dix dernières années constitue un problème majeur auquel il faut s’attaquer. L’augmentation du taux de pauvreté chez les enfants est particulièrement troublant.

  • Le taux de pauvreté chez les enfants est passé de 12,8 p. 100 vers 1995 à 15,1 p. 100 vers 2005.
  • Le taux de pauvreté chez les personnes en âge de travailler est passé de 9,4 p. 100 vers 1995 à 12,2 p. 100 vers 2005.
  • Le taux de pauvreté chez les personnes âgées est passé de 2,9 p. 100 vers 1995 à 5,9 p. 100 vers 2005.

L’accroissement de la pauvreté ces dix dernières années a été généralisé dans la plupart des pays de l’OCDE, malgré l’augmentation parallèle, à tous les niveaux, des revenus depuis vingt ans. Le professeur à Oxford, Sir Anthony Atkinson, a remarqué que les statistiques de la pauvreté publiées par l’OCDE dans Croissance et inégalités : Distribution des revenus et pauvreté dans les pays de l’OCDE montrent que « la marée montante ne remet pas nécessairement à flot tous les bateaux »1. Et, selon l’OCDE, en Allemagne, au Canada, aux États-Unis, en Finlande et en Italie, l’écart s’est creusé entre les riches et la classe moyenne2.

L’OCDE cite les trois facteurs qui, selon elle, expliquent l’évolution des inégalités et de la pauvreté au Canada : les changements survenus dans l’âge de la population canadienne et dans la structure des ménages, l’inégalité grandissante des revenus des ménages (en particulier entre les tranches de revenu moyen et élevé) et une efficacité moindre des impôts et des transferts pour ce qui est de réduire la pauvreté et les inégalités. L’OCDE remarque que la meilleure façon de réduire la pauvreté est d’augmenter l’emploi et donc que le moyen fondamental de venir à bout de la pauvreté et des inégalités est de créer plus d’emplois et des emplois plus rémunérateurs3.

Le Canada est-il vraiment un « pays plus gentil, plus doux »?

Au Conference Board, on dit de la catégorie « société » que c’est une démolisseuse de mythes. L’image qu’ont les Canadiens d’un Canada plus gentil et plus doux est en grande partie fondée sur une comparaison étroite avec les É. U. En effet, les résultats nets du filet de sécurité sociale du Canada sont des taux plus faibles de pauvreté et d’inégalités des revenus, ainsi que des taux d’autosuffisance plus élevés dans les populations vulnérables qu’aux États-Unis. Néanmoins, bon nombre de Canadiens seraient étonnés d’apprendre que les É. U. ont un taux de cambriolage à peu près égal à celui du Canada et un taux de suicide moins élevé, sans parler du fait qu’ils bénéficient d’une plus grande équité entre les hommes et les femmes.

Dans quels domaines le Canada obtient-il un bon classement?

Le Canada obtient un « A » pour la mobilité intergénérationnelle du revenu — qui mesure l’égalité des chances plutôt que l’égalité des résultats. Cette catégorie mesure le succès des enfants, devenus adultes, par rapport à la situation financière de leurs parents. Le Canada obtient aussi un bon classement pour l’indicateur qui mesure l’acceptation par les Canadiens de la diversité raciale : un deuxième rang sur 15 et une note de « A ».

Pourquoi le rendement social est-il important?

Les Canadiens doivent se soucier du rendement social de leur pays. Outre la question de la justice sociale, un tissu social solide contribue en bout de ligne à la prospérité économique durable d’un pays.

Notes

1 Anthony Atkinson, « Inégaux dans la croissance, inégaux dans la récession », L’Observateur de l’OCDE, no 270/271, décembre 2008–janvier 2009 [en direct, consulté le 6 septembre 2009].

2 Michael Forster, « Growing Unequal: Poverty and Incomes Over 20 Years », DELSA Newsletter, no 7, Paris, OCDE, 2009 [consulté en ligne le 5 septembre 2009].

3 Angel Gurria, Launch of Growing Unequal? Remarks by Angel Gurría, OECD Secretary-General, le 21 octobre 2008 [en direct, consulté le 12 septembre 2009].